La vie est belle...

La vie est belle...
Cela ne veut pas dire qu'elle soit rose...
Toutes les couleurs y interviennent, et le gris et aussi le noir...
Mais qu'importent les tons ?
C'est l'éclairage qui est tout, et l'éclairage nous vient du ciel...


vendredi 17 février 2017

Le PQ, ma famille et moi

Je vous ai assez baratiné avec mes leurs chaussettes... je vais à présent me pencher sur un autre fléau familial engendrant enquêtes et hurlements urgents : le PQ. Ceci touche chaque membre de la famille. Le fléau des chaussettes-qui-traînent n'ennuient (joliment dit) que moi, donc on peut comprendre que le progrès chez mes Zados n'est pas forcément flagrant. 
Par contre le PQ, toute la famille l'utilise (j'espère !) et en a besoin (p'tit jeu de mot)

Je sais. Nous sommes gâtés. Nous avons trois WC. Mais comme le dit une sagesse ancestrale :  plus nous avons de choses, plus nous avons de prises de tête concernant ces choses. Je confirme. Donc ne m'enviez pas mes 3 WC. Merci.

Le PQ. Prononcer le pécu ou pour faire classe, en anglicisant la chose : le piiiiikiou. Appelé aussi rouleau de papier de toilette,  papier toilette, papier hygiénique ou papier cul. Pas beau. ou ...pas beau non plus.

Je les aime doux et recyclés. Pourquoi prendre du super neuf pour ce genre de chose ? Avec des petits dessins ? De jolis motifs ? Pourquoi je vous le demande ? Pour que ça fasse joli suspendu ? Moui, peut-être. Le rose ne va pas dans ma déco. J'aime bien le blanc cassé, donc je m'y tiens. Et c'est écolo en plus. Bref. Des goûts et des couleurs. N'est-ce point. 

Oui. Vous le savez tous, le PQ est existentiel. Mais franchement, j'ai l'impression que peu des membres de ma famille réalisent réellement ce qui peut arriver quand il n'y en a plus au bon endroit au bon moment. 

Voici donc quelques bribes de vécu de ma vie familiale avec le piiikiou : 

BRIBE 1. Achat.
Il y a une action dans mon magasin préféré ! 40%, ça ne se loupe pas !!! L'avantage avec le PQ c'est qu'il n'y a pas de date de péremption et qu'on sait qu'on ne se lassera jamais de l'utiliser ! Oui ! Par contre, des actions, il y en a pas toujours, alors ça y est ! Mon caddie est plein d'une centaine de rouleaux et je me cache derrière... et j'ai é-co-no-mi-sé ! 

BRIBE 2. Ménage.
Comme chaque lundi matin, je fais mon ménage. 
- WC des parents OK. Réserve de PQ OK. J'en rajoute juste au cas où.
- WC du rez : plus de réserve de PQ, pourtant, je rerépète que celui qui prend le dernier rouleau va rechercher quelques rouleaux à la cave. Normal, n'est-ce-point. J'hésite entre... ne pas remplir la réserve et à la prochaine pénurie du précieux papier devoir courir pour en amener d'urgence et me prendre la tête avec.... 1. la personne sur les toilettes 2. une enquête expresse sur qui n'a pas rempli la réserve 3. leur faire une théorie en appuyant sur le fait que s'il y a un invité qui utilise nos WC et qu'il est sans papier (WC j'entends), se permettra-t-il d'hurler au secours ??? Que va-t-il faire ? Déchirer une page d'un livre qui trainera par là ? Ou par chance y aura-t-il une chaussette esseulée trainant dans un coin qui pourra voler discrètement à son secours ? 
Brefffff, après une brève réflexion, je remplis consciencieusement la réserve.
- WC de l'étage des Zados et des chats : la caisse du chat est pleine de crottes. J'espère toujours que mes Zados s'en occupent, vu qu'ils sont fans de leurs chats. C'est vrai qu'ils ne sont pas fans de leurs crottes. Des rouleaux de carton (sans papier donc) jonchent le sol un peu partout. Quand je fais une enquête, c'est toujours la même chose : les chats aiment trop jouer avec !!! Moui. J'ai beau me creuser la tête, je ne me souviens pas avoir vu un de nos chats faire joujou avec ça, peut-être la plus ancienne, quand elle venait d'arriver... ça doit faire 5 ans. Le rouleau qui est encore suspendu n'est pas fini : une feuille pendouille lamentablement au carton. Bon. La réserve est vide. Vide. Mais comment font mes Zados au WC quand il n'y a plus qu'une seule feuille ? Comment ? Je préfère ne pas le savoir. En fait. 

BRIBE 3. Confrontation.
Quand j'ai un de mes super Zados sous la main à ce moment précis, je leur demande de remplir expressément cette réserve :
- Mais c'est pas moi qui ai pris le dernier rouleau ! 
- Ben c'est pas moi non plus. Et franchement, je suis sûre que parfois c'est toi, donc hooops, sors de ton antre et ramasse tes jambes, fais-les obéir et descend avec elles, elles te conduiront à la cave et tu diras à tes bras qu'ils se tendent en avant pour que tes mains fassent bouger quelques doigts (la moitié devrait suffire) qu'ils puissent saisir au moins 6 rouleaux. Oui, c'est beaucoup de mouvements, je sais. Mais tes doigts ont l'habitude de bouger, c'est déjà ça. 
Après avoir attendu un temps certain, lui avoir rappelé quelques fois le sport intensif du jour, évaluant si ça me demanderait peut-être un chouia moins d'énergie d'aller les chercher moi-même, patience-apprendre-la-patience-et-la-confiance... la réserve se remplira. Ne pas oublier de dire merci pour l'effort accompli. Et j'espère qu'il comprendra ainsi que la prochaine fois qu'il prendra le dernier piiiiikiouuuuu de la réserve... espoir.

BRIBE 4. Urgence.
Quand il arrive qu'il n'y a plus de PQ, et que quelqu'un est sur le trône et en a expressément besoin, là, le petit coin sursaute d'animation !
- Quelqu'un peut m'amener du papier toilette ? Y en a plus !!!!!! 
- Rooooooooooonnnn (ça c'est moi qui soupire, c'est en général quand je cuisine), qui vaaaaaaa ????
- Pas moi je dois finir ma partie !!!
- Non, ben là je dois prendre mon train !
- Fiston 1er tu vas ? Heeeehooooo y a quelqu'un ??? (c'est moi, qui cuisine toujours... c'est clair, avec le volume auquel il joue de sa guitare, il n'a rien entendu....) Bon, j'arrive...
Et quand j'arrive avec mes rouleaux derrière la porte, c'est selon la personne qui est à l'intérieur :
- Dépose-les derrière la porte, merci (ou pas) ou
- Mais non mais arrête, n'ouvre pas complètement la porte, là, tu me tends juste le bras avec le rouleau, rrrrroooonn.
Et moi de répondre : 
- Mais je t'ai vu nu avant toi-même, franchement, zen (mais ça ne les fait jamais changer d'avis) ou 
- Mais.... je ferme les yeux (ça marche pas non plus)
Quelqu'un que je ne nommerai pas m'annonce directement : 
- Zone sinistrée, stop. Danger. stop. Reculez au plus vite. Sous peine d'impossibilité à préparer le repas. stop.

Figurez-vous que le PQ est devenu d'usage courant en Europe seulement après la deuxième guerre mondiale !!! Mais comment faisaient-ils avant, me demanderez-vous, effarés ? Ben si vous voulez en savoir plus, il y a un article ici (tellement reconnaissante d'être née à mon époque)... Depuis que je l'ai lu je vois le PQ et ses aléas différemment.
Mais je peux vous dire tout de même que juste avant c'était le papier journal, et l'ayant expérimenté en Afrique il y a une vingtaine d'années quand j'avais la tourista,  depuis je suis particulièrement fan du PQ... (3 couches, doux et recyclé)

Pour les garçons de la maison: je vous conseille de laisser les toilettes propres car la main qui les nettoie est la même que celle qui vous fait à manger. Maman.
(lu quelque part...)

Le petit mot spi :
Un p'tit mot spi sur le sujet ? Quoi ? Mais elle est trop forte ! (ça c'est ce que j'imagine que vous pensez, vous êtes trop choux, merci). Bon, au moment où j'écris là, j'espère est inspirée. Et vite.

Dans la vie, il y a des choses qu'on ne peut éviter. Cela ne sert à rien de râler vu qu'on a aucune prise dessus : la météo, des chaussettes d'ados qui traînent, notre âge, les frais du PQ, le fait que notre Nommanous n'est pas (tout à fait) pareil que nous, que notre vie a une fin, de devoir se lever le matin, que nos Zenfants nous quitterons un jour...

La solution ? L'acceptation !
Il n'y a qu'une route vers le bonheur, c'est de renoncer aux choses qui ne dépendent pas de notre volonté.  Epictete

...et cette prière peut nous aider toutes, chères mamans, chaque jour : 

Seigneur,
Donne-moi la sérénité
D'accepter
Les choses que je ne peux changer,
Le courage
De changer les choses que je peux,
Et la sagesse
D'en connaître la différence.

Petit rappel : quand j'écris, c'est premièrement à moi que je me fais ces petites réflexions ! J'ai encore du boulot ! Merci Seigneur Jésus pour ton aide indispensable !

samedi 4 février 2017

Besoin d'air.

Je quitte la maison habillée chaudement pour une petite balade de moins d'une heure. Mon cœur de maman est lourd, pesant, tellement fatigué. J'ai juste envie de paix et de sérénité. De m'éloigner de ces soucis qui me pèsent. Et que tout rentre dans l'ordre. Et vite. 

Depuis quelques mois chaque semaine, chaque jour ou parfois même plusieurs fois par jour, il y a des choses qui s'ajoutent et coincent de plus en plus notre rouage de vie familiale. Notre vie avance cahotiquement. On croit qu'on en est sorti, que la vie reprendra son cours habituel, que ce souci sera enfin réglé. Et non seulement tout à coup il ressurgit, mais d'autres s'y rajoutent. Et nous revoilà, en tant que parents, a nous creuser la tête pour trouver des solutions (et ce serait plus facile si, avec mon Nommamoi, nous étions toujours sur la même longueur d'onde, mais ce n'est pas le cas). Nous essayons de gérer au mieux la situation pour que la vie familiale soit au plus zen malgré tout et que tout ne tourne pas autour de ces soucis. Et à prier. Mais il y a des moments où le découragement m'en enlève toute envie,... A quoi bon ?

Les muscles de mes épaules sont tendus, mes yeux au bord des larmes, je suis prête à exploser juste à l'idée d'une chaussette ou d'une tasse de café froid qui traînent, ou d'un couvercle de WC pas fermé. Encore une fois les chats iraient y boire et mettraient des traces de pattes mouillées brunâtres partout. J'en ai même marre de nos chats qui n'ont rien d'autres à faire que de miauler dans mes pattes ou de sauter sur le plan de travail quand  j'ai les mains pleines de pâte.

Et cette terrible phrase me passe par la tête : Mais qu'est-ce qui nous a pris d'avoir eu 4 enfants et 2 chats, quels soucis, ça n'arrête pas ! Puis, honteuse, je me dis qu'une grande famille, c'est merveilleux, et si ça ne l'est pas non-stop, c'est au moins passionnant et que, ouais, je referais pareil. Enfin, mmmmh, il me semble, je vais y réfléchir car je sais pas, cela dépend du moment où je me pose la question, en fait. Par exemple, si c'était au moment où j'ai fait une crise de nerf l'autre jour pour une remarque d'un de mes enfants qui m'a réclamé expressément un merci parce qu'il commençait à préparer le repas,  j'aurais répondu que je n'en aurais pas eu un seul :
- Est-ce qu'on me dit merci à moi ? Quand est-ce que c'était la dernière fois ? Je rame je rame j'essaie de trouver des solutions je cours partout et quoi ? Quelqu'un me dit merci ?

Bref, vous avez compris. Il est clair que c'est une période où je n'en peux plus. Je suis tout simplement à bout. 
Là, j'ai donc juste ce besoin intense de me ressourcer dans la nature, SEULE. De fuir loin de tout ça. De me reconnecter avec quelque chose qui roule. Sans couac. 

Mais voilà qu'un gars me suit avec son chien qui m'est tout le temps dans les jambes. Ils ne pouvaient pas prendre l'autre chemin et me laisser tranquille ?  Cela me casse les pieds et j'apprécie peu le ciel limpide et le soleil qui fait briller comme de multiples diamants la neige verglacée. Je suis dans un palais naturellement magique, et je m'agace !

Je prends de l'avance et le couple monsieur-chien a disparu de mes radars. Enfin je suis seule. Et je m'apaise. Petit à petit je sens moins la pression des soucis et je commence à remercier Dieu pour... ce que je vois. Les merveilles de Sa création. Il est là, je le sais, je le sens. Il prend soin de moi, de nous. Le soleil qui se lève chaque matin sans râler, les oiseaux qui chantent, et ces diamants gratis qui crissent sous mes bottes chaudes... tout cela me donne la Paix.

Mes épaules se détendent. Je respire à plein poumons et m'emplit de cette terre si belle. Créée pour nous accueillir. Pour nous montrer du doigt le Créateur, pour nous émerveiller même quand on est au plus bas. 

Oui, nous vivons des moments difficiles. Mais pas à pas, je réalise que nous avons de la chance car rien n'est irrémédiable.  Il y a la possibilité que ça devienne bien mieux et même que tout s'arrange. C'est un mal pour un bien qu'on m'a dit. Probablement. Je veux le croire. Je commence à voir tout ce qui va, tout ce qui fonctionne (notre chauffage ! la possibilité de payer nos factures ! nos amis ! mes bottes chaudes !). Et une bonne moitié, si ce n'est plus, de mes Zenfants sont sans gros souci. Vraiment. J'en ai même un exemplaire qui est amoureux, il est donc un peu éloigné de ce qu'on vit, là-haut sur son nuage. Et tant mieux pour lui. 

Reste la prière, notre entourage qui prie pour nous, (merci, tellement précieux !), l'espoir dans le Dieu des miracles qui guérit les cœurs et les êtres. Et qui veut nous apprendre quelque chose par ce qui nous arrive. L'école de la vie n'a pas de vacances, comme je l'ai lu quelque part.
Mais là j'ai besoin de vacances ! Help !

C'est comme si Dieu me répondait  :
- Oui, ça ne va pas comme tu le veux. Comme tu l'avais prévu. Mais laisse faire. Arrête de lutter. Lâche prise. Tu n'es pas un dieu. Fais juste le peu que tu peux et laisse-moi m'occuper du reste.

Mon cœur est apaisé. 

Je m'arrête et je m'assois encore quelque temps sur le banc devant chez moi offrant mon visage au soleil. Cette balade a remis mes idées en place. 
- Seigneur, je veux mettre ma confiance en toi ! Aide-moi, donne-moi plus de foi ! Tu connais ces situations. Tu as la solution. Tu vas nous aider. Tu nous aides déjà. Merci. 


Le p'tit mot spi
Marcher dans la nature c’est comme se trouver dans une immense bibliothèque où chaque livre ne contiendrait que des phrases essentielles.
Christian Bobin

Les chemins de Dieu nous semblent parfois bien sombres. Mais l’obscurité n’est que dans nos yeux, pas dans ses chemins.

Aucune constance, aucune difficulté, aucune épreuve ne peut m’atteindre à moins d’être d’abord passée devant Dieu et devant Christ. Et si, ensuite, elle arrive jusqu’à moi, c’est qu’elle vient avec un grand objectif. Alan Redpath

En effet, nous sommes sans force devant cette foule nombreuse qui vient nous attaquer et nous ne savons que faire, mais nos yeux sont sur toi. 2 Chroniques 20 : 12

N’ayez pas peur et ne vous laissez pas effrayer devant cette foule nombreuse, car ce ne sera pas vous qui combattrez, ce sera Dieu. 2 Chroniques 20 : 15

samedi 28 janvier 2017

Premiers pas en... lunettes de lecture.

Cette année mon âge penchera dangereusement vers la prochaine dizaine. Je ne vous dirai pas laquelle (arrêtez de calculer, c'est pas vraiment le sujet de ce post). 

Depuis l'âge de 5 ans, je porte des lunettes. Les premières furent rouges et rondes. Adorables. Myope je fus. Myope je suis. Myope je resterai.

L'autre jour, je me suis retrouvée, comme deux matinées par mois, avec quelques amies à notre groupe de Partage autour de la Bible et/ou d'un bon livre, et café-croissant, tout ça entouré de bla-blas plus ou moins sérieux mais toujours pleins d'émotions diverses (et imprévues).
J'ai eu un moment difficile, quand arriva mon temps pour lire un texte : je n'y suis pas arrivée car les lettres dansaient et se tordaient devant mes yeux. La lumière un peu blafarde n'a pas aidé, et une chère amie, devinant mon souci par mes grimaces et les secondes de silence, vola à mon secours en me tendant.... ses lunettes de lecture... ce qui fit beaucoup rire mes amies (mais oui, elles ont osé !). 
Ce fut miraculeux (les lunettes pas leurs rires). Les lettres se tinrent sages et lisibles. Arghh.
En fin de matinée, j'en achetai une paire à moindre prix, à la va-vite. Au cas où cette histoire de lettres qui ne se tiennent pas tranquilles m'arrive à nouveau.

A présent, j'en ai toujours une paire de secours dans mon sac à main. Encore un truc en plus qui y traîne. L'histoire pourrait être assez simple et s'arrêter là. 

Je suis donc en général myope parfois aveugle (d'après mes Zados) et je porte des verres de contact la journée depuis bientôt, ohhhhh, 30 ans (oui, j'ai plus de 30 ans, encore un indice sur mon âge). En fin de journée, mes lentilles sont noyées dans leur petit étui,  et mes lunettes retrouvent fièrement leur place sur mon petit nez. Le soir, il me faut donc enlever mes lunettes (de myope) pour lire au coin du feu ou sous mon duvet (en fait, peu importe l'endroit, même si je lisais dans ma voiture en conduisant, je devrais les enlever). Et je les repose sur mon instrument olfactif dès que je dois voir à plus de 30 cm. 

Il arrive parfois, que je doive chercher mes lunettes quand je n'ai pas mes lentilles sur l'oeil. Si elles ne sont pas à leur place habituelle, ça m'énerve (et c'est bien sûr de ma faute, sur ce coup-là mes Zados n'y sont pour rien). Mon Nommamoi vient à mon secours (à peine plus rapidement que quand je l'appelle pressement car une énorme araignée de 4 cm de diamètre m'a surprise)... Bref. Il sait ce qu'il a à faire : il n'écrase pas mes lunettes, et il ne me met pas l'araignée sur mon nez. Oui, je sais, j'ai un Nommamoi formidable. Il est trop fort mon Nommamoi. Et il est pris (au cas où).

Pour m'assurer que vous compreniez bien :  le soir, quand je veux lire lisiblement, j'enlève mes lunettes, et quand je veux voir plus loin que 30 cm je les replace sur mon nez.

La journée, à présent, vu que j'ai mes verres de contact sur les yeux, je dois faire la chose inverse : mettre mes lunettes de lecture (pas de myope !) si je veux lire, et les enlever si je veux voir clairement plus loin que 30 cm. 

Vous avez suivi mes zexepelications ?

L'autre matin, les verres de contact sur l'oeil donc, j'étais à un cours. J'avais donc sorti mes lunettes de lecture avec une petite hésitation (ils vont deviner dans quelle dizaine d'années je me trouve !) et je les avais soigneusement disposée à côté de ma gourde d'eau, de ma trousse à crayons, de mon carnet de notes et de mon cher smartphone indispensable pour rester en contact avec ma famille (même éloignée, je reste maman et il s'est avéré que mes p'tiots eurent besoin de mes conseils avisés).

Quand je prenais des notes, je devais mettre mes lunettes, mais quand je voulais voir l'orateur sans avoir l'impression d'être dans une piscine, je devais les enlever. Parfois, au fil de la matinée, j'ai commencé à me perdre, je les mettais quand je devais voir loin, les enlevais en écrivant. 
- Ahhhh, non ! Ohhhhh, mais que c'est chiant énervant d'avoir besoin de ces binocles ! pensais-je. L'idéal, serait que je les laisse au bout du nez, puis de regarder l'orateur par en-dessus, puis à travers les verres au moment d'écrire. Il faut que je teste
J'essayai mais montai à peine la tête pour me cacher de l'orateur qui se trouvait juste en face de moi (aucune idée de la tête que je me paie avec les lunettes au bout du nez, je ne voulais pas le choquer où qu'il ait un fou rire, la honte) j'avais donc les lunettes au bout du nez, le visage contre mon cahier, et je regardais discrètement comme je pouvais par en-dessus. 
Je pensai à mon grand-père qui, dans mes souvenirs, regardaient bien souvent en-dessus de ces binocles. Mais est-ce que j'ai envie d'avoir déjà maintenant l'allure de mon grand-père ? That's the question. 
Je rigolais intérieurement de mes pérégrinations et je n'arrêtais pas de m'empêtrer avec ces lunettes. Les mettre, les remettre, ah non, ... Bref. Un chenil !

Un rayon de soleil me sauva en fin de matinée : il éclaira tellement la salle, que du coup je voyais clairement de loin comme de près, comme dans mon jeune âge pas lointain du tout (encore un indice).

Mais là, je dois toute me même me faire à l'idée qu'un Xe handicap commence gentiment à s'installer dans ma vie (après mes soucis de mémoire, d'intérêt pour le sport, de patience infinie par rapport à la vie mouvementée des chaussettes, de perdre le nord, etc). Après les cheveux gris, les rides et la chair qui se flasquifie, n'en rajoutons pas.
Un handicap irrémédiable.
Un signe du temps qui passe.
Un signe de mon corps qui gentiment se fane, perd ses facultés élémentaires. 
Veux pas.
Mais pas le choix.

Le soir même, au coin du feu avec mon bouquin, je m'empêtrai à nouveau avec mes lunettes de myope : les enlever-les remettre au bon moment. Un vrai casse-tête vu que c'était le contraire que durant mon cours. Journée épuisante.  Merci de votre compassion.

C'est pas simple de devenir vieux. Mais on n'a pas le choix si on veut vivre longtemps.

Mais comme disait l'autre un peu mieux :  

Ne regrettez pas de vieillir. C’est un privilège refusé à beaucoup.

PS : uhhhhhmmmmm, vous avez réussi à deviner mon âge ? Non ? Si ?

Le p'tit mot spi

Cette expérience est encore pour moi une piqûre de rappel : 

Nous savons que notre vie sur terre est limitée ; cependant, nous continuons à vivre comme des immortels. Nous nous concentrons sur des détails et négligeons des priorités. Il y a un fossé entre notre savoir d’une vie courte et notre agir d’une vie qui ne finirait pas. Léonard Vullioud

Voilà pourquoi nous ne perdons pas courage. Et même si notre être extérieur se détruit, notre être intérieur se renouvelle de jour en jour. En effet, nos légères difficultés du moment présent produisent pour nous, au-delà de toute mesure, un poids éternel de gloire. Ainsi nous regardons non pas à ce qui est visible, mais à ce qui est invisible, car les réalités visibles sont passagères et les invisibles sont éternelles. 
2 Corinthiens 4 : 16-18

Oui quel cadeau d'avoir cet espoir d'une Vie après la vie, donnée grâce à Jésus qui a payé "notre billet d'entrée" par ses souffrances à la Croix. Merci Jésus, pour ce cadeau que je ne mérite pas, j'accepte mieux les traces de l'âge quand je sais qu'il y aura immensément mieux, après ! (et un corps tout neuf et sans défaut, yehhh, qui veut ?)

Mon livre est toujours en vente !
En Suisse dans vos librairies (chrétiennes) préférées et au Café ParTage à Tramelan et en ligne : www.éditions-prétexte.ch & www.payot.ch  & à la Maison de la Bible & bientôt à nouveau à la Maison du Bonheur de Moutier

En France aux Editions LLB et à la Maison de la Bible et dans vos librairies (chrétiennes) préférées